Melong Dorje

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Melong Dorje (Me long rdo rje, 1243–1303) མེ་ལོང་རྡོ་རྗེ།

Patriarche de la lignée de l‘Essence Perlée du Secret (gSang ba snying thig) et maître de Kumaradza.

Biographie abrégée

Melong Dorje naquit à Drakphu, en tant que fils de Sam-yé (son père) et de Barma (sa mère).

A l'âge de neuf ans, il fut ordonné par le siddha Zalungpa (Zwa lung pa) et l'abbé Selungpa (Se lung pa). Un jour qu'il méditait sur le Roc du lac de Zangri (Zangs ri), il eut de nombreuses presciences et expériences. A l'âge de seize ans, il réalisa le sens véritable de la nature ultime des choses et jusqu'à dix-sept ans, il erra en diverses régions ce qui lui permit de faire la rencontre de nombreux maîtres auprès desquels il reçut un grand nombre de transmissions. Il visita les lieux saints les plus important du Tibet Central, comme Sha-ug Takgo (Sha 'ug stag sgo) près du monastère de Sakya, Kharchu, etc. A cette époque, une simple mesure d'orge lui permettait de se sustenter pendant près de sept semaines.

A dix-huit ans, il reçut les instructions du Sangwa Nyingthik (gSang ba snying thig) de Sangyé Wönpo (Sangs rgyas dbon po), alias Trülzhik Sengé Gyab (‘Khrul zhig seng ge rgyab) et lorsqu'il s'engagea dans les pratiques préliminaires, il eut une vision de Vajrasattva qui dura six jours entiers. Lorsqu'il s'abîma dans la pratique principale, il eut des rêves des patriarches de la lignée et reçut leurs bénédictions.

A trente-trois ans, il reçut de Sangye Repa (Sangs rgyas ras pa) de nombreux enseignements révélés (gter chos) dont ceux traitant de Dorje Phakmo (Vajravarâhi). L'année suivante, à trente quatre ans, il eut une vision de Dorje Phakmo, aini que de Chakrasamvara, Hayagrîva, Târâ, le Grand Compatissant, Samantabhadra, Vajrasattva, Vimalamitra, Padmasambhava, Zalungpa, Sangye Repa et le Précieux Protecteur des Etres ('Gro mgon rin po che, Phag mo gru pa,1110–1170).

Un matin, tandis qu'il résidait à Donglung (Dong lung), il entendit la mélodieuse voix de Ḍākinīs qui lui dirent:

Ema! sur le confortable lit de la sérénité, tu as contemplé le sens de la Réalité
Et as ainsi tranché le flot de tes naissances, ô Yogi !
Pendant les phases de ta pratique, tu as continuellement récité la quintessence mantrique qui ravit la vitalité,
Aussi nous serons tes compagnes sans jamais nous séparer de toi, ô Fils du cœur!

Un autre matin, alors qu'il se trouvait à Kawachen (Ka ba can), il vit trôner dans le ciel la forme rouge de Dorje Phakmo, ainsi que le siddha Zalungpa.

A Ngarphuk (Ngar phug), il fit un rêve au cours duquel il rencontra Dorje Phakmo et les quatre déesses de son entourage. Un tremblement de terre le réveilla à ce moment, et il vit devant lui une forme de Dorje Phakmo irisée de lumières.

Au Château de Kyabné (sKyabs gnas rdzong), il rêva que Vajrasattva, en compagnie de cinq autres patriarches, lui transmettait les consécrations de la Grande Perfection, ainsi que les confrontations données à l'aide de symboles.

A vingt-six ans, il devint l'élève de nombreux maîtres comme Trülzhik Darma ('Khrul zhig dar ma) et Tulku Gyamtso (sPrul sku rGya mtsho) auprès desquels il reçut des consécrations et des instructions sur les Formules Secrètes (Tantras).

Il eut en tout treize maîtres éminents, mais les trois plus importants furent Zalungpa, le siddha de Draphu; Dowo Repa (mDo bo ras pa) de Tsurphu; et Trülzhik Wönpo ('Khrul zhig dbon po, Seng ge rgyab) de Göntse (dGon rtse): seuls ces trois Lamas lui donnèrent les instructions sur le sens principiel de la pratique.

Par la suite, il planta la victorieuse bannière des enseignements dans de nombreux lieux saints du Sud du Tibet, comme Khenpa Jong (mKhan pa ljongs), Khenpa Ling (mKhan pa gling), Senggé Dzong (Seng ge rdzong), Künzang Ling (Kun bzang gling), Kharchu (mKhar chu) dans le Lhodrak, etc., guidant une multitude de disciples fortunés sur les terres de la Sublimation (smin pa) et de la Liberté (grol ba).[1]

Bien que certaines prophéties aient indiqué que Melong Dorje n'était pas destiné à vivre plus de trente-sept années, grâce à des prières et des souhaits formulés par un maître du nom de Lopön Künga (Slob dpon Kun dga'), il put vivre jusqu'à l'âge de soixante-et-un ans. Ainsi, le vingt-cinquième jour du dernier mois d'automne de l'année du Lièvre d'Eau (1303), il montra les signes du Transfert de conscience (‘pho ba). L'entourage présent à ce moment vit une grande lumière accompagnée de sons retentissants disparaître vers l'ouest. Lorsque ses disciples brûlèrent son corps, des étoffes d'arcs-en-ciel, ainsi que des filets de lumières furent observés flottant au dessus du lieu de sa crémation. Dans ses cendres, on retrouva une lettre A blanche, ainsi que des shariram représentant les Buddhas des Cinq Clans.

Note

  1. La sublimation est obtenue par la transmission des consécrations qui subliment le continuum (rgyud) et le rendent apte à la pratique. La Liberté est obtenue grâce à la pratique des instructions qui suivent la transmission des consécrations.

Jean-Luc Achard 12 février 2018 à 09:29 (CET)