Souffle de la Sagesse

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Souffle de la Sagesse (ye shes kyi rlung) ཡེ་ཤེས་ཀྱི་རླུང་།

Signification littérale

ye shes: Sagesse ; —kyi: marque du génitif ; —rlung: souffle.

Définition

D’une manière générale, dans les Tantras, le souffle de la Sagesse est conçu comme demeurant au sein du canal central (rtsa dbu ma). Dans le Dzogchen, ce souffle est localisé dans la Tente Brune des Cornalines (mchong gur smug po) et est présenté comme le destrier (rta) du Discernement (rig pa). Lorsque l’adepte adopte les points-clefs du Franchissement du Pic, les souffles karmiques (las kyi rlung) sont, après un certain temps de familiarisation avec la pratique, automatiquement inhibés, entraînant l’activation automatique du souffle de la Sagesse. Celui-ci devient alors le destrier de l’éclat du Discernement (rig pa’i gdangs) qui chemine via le canal dit de la Cavité de Cristal (shel sbug can) jusqu’aux yeux, et plus précisément jusqu’à l’extrémité supérieure de ce canal, qui forme la double Lampe d’Eau du Lointain Lasso (rgyang zhags chu’i sgron ma).

Ainsi donc, le souffle de la Sagesse est le souffle qui permet d’ouvrir la porte de la Claire-Lumière, en sorte que la Transparence extérieure et intérieure de l’état naturel jaillit par les sens et se manifeste dans les visions des Quatre Lampes émergeant au sein de l’Espace. Ce phénomène est dû au fait que la pratique du Franchissement du Pic purifie les quatre éléments (‘byung ba bzhi) et les souffles karmiques qui les supportent, au point que ces éléments se subliment (smin) et émergent en tant que les Quatre Lampes (sgron ma bzhi).

Au terme ultime de la pratique, lors de l’obtention du Fruit (‘bras bu), ce souffle pénètre le canal central et s’élève jusqu’au sinciput avant de se manifester sous la forme d’un étagement de cinq ou neuf Thiglés rayonnant au-dessus du sommet de la tête. Au même moment, ce souffle embrasse l’ensemble des canaux et imprègne toutes les syllabes qui demeurent sur les pétales de canaux et dans les canaux eux-mêmes. En conséquence, l’adepte parvient à une connaissance totale des principes des Neuf Véhicules et devient capable d’en exprimer la quintessence indicible par le biais de son Verbe (gsung) totalement sublimé.


Jean-Luc Achard 8 août 2020 à 17:17 (CEST)