Abîme Diapré traitant de l'existence et de la non-existence conformément (à la Section des) Préceptes

De Dzogchen wiki
Aller à : navigation, rechercher

Abîme Diapré traitant de l'existence et de la non-existence conformément (à la Section des) Préceptes (yod med man ngag dang mthun par smra ba'i klong khra bo).

Signification littérale

yod: existence; —med: non-existence; —man ngag: précepte(s); —dang mthun par: conformément; —smra ba: traiter de, prôner, défendre ; —klong: Abîme; —khra bo: diapré, bariolé.

Définition

Cet Abîme est l'une des trois subdivisions principales de l'Abîme Diapré.

Explication

Selon Longchenpa (Grub mtha' mdzod, p. 358), les partisans de cette subdivision de l'Abîme Diapré affirment que l'Essence (ngo bo) de l'état naturel est primordialement vide (ye stong), impliquant ainsi que sa pureté originelle (ye dag) ne dépend en aucune manière des causes et des fruits.[1] Les circonstances qui apparaissent (rkyen byung)[2] ne sont rien d'autres que des apparences conditionnées qui s'avèrent vides au sein même de leur manifestation, ce qui implique que les représentations du type Saṃsāra-Nirvāṇa sont spontanément libérées.[3] Les apparences et l'investigation de leur nature apparaissent vides depuis l'origine, ce qui est la preuve que rien ne se meut en dehors de la Base née-d'elle-même (rang byung gzhi). L'absence de déviation hors de la Base repose sur trois points-clefs (gnad), à savoir :

  1. le point-clef exprimant le fait qu'il n'y a rien à contempler (par la Vue), ni rien avec quoi se familiariser (par la Méditation), puisque l'état naturel est depuis l'origine indicible et qu'il transcende l'intellect;
  2. le point-clef de l'immuabilité de l'Esprit qui est en réalité déjà libéré du calme et du mouvement;[4] et
  3. le point-clef de la non-discursivité exprimant le fait que l'Essence de la Vue et de la Méditation reposant sur une analyse intellectuelle conditionnée est primordialement libérée.[5]

Au cours de la pratique, la réalité de ces trois points-clefs permet de transcender le Saṃsāra-Nirvāṇa sans aucun effort.

Notes

  1. En d'autres termes, sa Vacuité primordiale est la justification de sa pureté originelle. Si elle n'était pas pure, elle ne serait pas vide.
  2. Autrement dit la multiplicité des circonstances conditionnées qui s'élèvent, et auxquelles l'esprit est confronté.
  3. En effet, l'esprit qui réalise la Vacuité des apparences se libère des saisies et n'entre ainsi plus dans un mode duel.
  4. C'est-à-dire qui est indépendant des états de calme intérieur et de mouvements discursifs.
  5. C'est-à-dire libérée des proliférations que l'intellect projette sur les phénomènes.

Jean-Luc Achard 13 octobre 2017 à 17:29 (CEST)